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Fabrication du soumbala

26/02/2017

Le soumbala est un assaisonnement à odeur forte, très prisé en Afrique de l'Ouest et reconnu pour ses vertus contre l'hypertension.
Il nous a semblé important de soutenir ce projet pour maintenir un produit artisanal et traditionnel qui risque de disparaitre au profit de « bouillons cubes » que l’on trouve trop facilement sur les marchés et sans vertu thérapeutique.
Afin de permettre à cette association constituée d'une équipe de femmes dynamiques et dévouées de démarrer un projet de plus grande ampleur, l'association Fleurs de Batié a répondu présente à leur demande de soutien financier : la moitié de la somme versée est un don, l'autre est sous forme de microcrédit qui sera remboursé dans la durée, au fur et à mesure des ventes de soumbala.

Mais qu’est ce que le soumbala ?

Un reportage en direct de nos envoyés spéciaux à Batié.


La fabrication du Soumbala


Il se fabrique à partir de graines de néré.

Le Néré est un arbre qui fleurit en janvier.

Il produit en mars-avril des gousses à l'intérieur desquelles, cachées dans une sorte de farine, se trouvent des graines recouvertes d'une écorce très résistante.


Pour notre reportage, l'association des femmes catholiques de Batié a donc dû se procurer des graines de néré à prix d'or puisque hors saison.

Premier jour 14h :
Les graines sont trempées dans l'eau pendant une heure.
Elles sont ensuite mises dans un mortier dans lequel on ajoute de la cendre tamisée.
Les femmes se relaient pour piler cette écorce dure que l'action de la cendre permet d'éliminer en
partie.


Ensuite elles vannent les graines en les faisant tomber de toute leur hauteur. Peaux et cendre s'envolent tandis que les graines restent. Celles qui tombent à terre sont ramassées une par une.


Celles-ci sont ensuite lavées et mises au repos.

Deuxième jour 7h :
Dans la cour d'une concession, les graines sont mises à cuire au feu de bois dans une grande bassine remplie d'eau, pendant 24h


Troisième jour 15h :
L'eau est vidée. Les graines toujours recouvertes d'une peau noire sont remises dans un mortier et deux pilons ensemble les triturent pendant une demi-heure.


Les graines sont ensuite lavées dans quatre eaux différentes jusqu'à ce que l'eau soit pure.


Commence alors une longue opération de tri : les graines qui ont conservé leur peau malgré les opérations précédentes sont jugées impropres à la fabrication du soumbala et mises de côté.


Les femmes remettent ensuite à bouillir quelques temps à petit feu : cela permet aux peaux restantes de passer par-dessus bord ou de rester accrochées sur le haut de la marmite, tandis que les graines restent au fond.


Après avoir égoutté les graines, des bâches en toile sont lavées et nous partons en procession dans une autre concession où une pièce est à disposition.
Les bâches sont étalées et recouvertes de farine de maïs. Les graines sont délicatement posées dessus sur une épaisseur régulière d'environ 5 cm.


Une deuxième couche de farine de maïs est déposée. Les graines sont ensuite recouvertes de bâches et enfermées hermétiquement à l'aide de morceaux de bois. Reste à faire une prière pour confier à Dieu la bonne fermentation.

Cinquième jour 9h :
les bâches sont enlevées, l'odeur est épouvantable ! Un mélange de chocolat et d'ammoniac nous irrite les narines. Les graines sont mises à sécher quelques heures au soleil sur la terrasse d'une maison.


Cinquième jour 14h :
L’heure de la fabrication des boules de soumbala a sonné : d'une main experte, les femmes fabriquent des petites boules de 6 à 7 cm de diamètre environ. Elles seront vendues au marché à 25fr CFA l'une soit 4 cents d'euro.



Nous sommes bien sûr les premiers acheteurs afin de parfumer notre prochain repas africain !!!